Pendant plus de quinze ans, Carimi a incarné une forme de modernité musicale dans le paysage haïtien et caribéen. Fondé en 2001 à New York par Carlo Vieux, Richard Cavé et Mickaël Guirand, le trio a rapidement imposé une signature sonore reconnaissable : un kompa plus urbain, plus électronique, plus international, sans jamais renier ses racines.
Les débuts : un groupe né d’une rupture et d’une vision
L’histoire de Carimi commence après la dissolution du groupe Zenglen, dont faisaient partie Carlo et Mickaël. Avec Richard Cavé, ils imaginent une formation capable de parler à la diaspora haïtienne tout en séduisant un public plus large. Leur premier single, “Ayiti (Bang Bang)”, devient immédiatement un hymne. Le ton est donné : Carimi sera un groupe engagé, mélodique, et profondément connecté à la réalité haïtienne.
Un son nouveau pour une nouvelle génération
Carimi a su moderniser le kompa sans le dénaturer. Leur style repose sur :
- des arrangements plus électroniques,
- une écriture mélodique très accessible,
- des thèmes qui parlent à la diaspora (amour, identité, distance, fierté),
- une présence scénique millimétrée.
Des titres comme “Player”, “Are You Ready”, “Fanm Sa Move”, “Baby I Miss You” ou “Kit Li” deviennent des classiques instantanés, joués dans toutes les fêtes caribéennes, de Miami à Paris en passant par Montréal.
Un phénomène diasporique
Carimi n’est pas seulement un groupe : c’est un symbole. Pour beaucoup d’Haïtiens vivant à l’étranger, ils représentent une musique qui parle de l’exil, de la nostalgie, de la fierté culturelle. Leur succès repose aussi sur une stratégie rare à l’époque :
- tournées internationales constantes,
- présence forte dans les médias de la diaspora,
- capacité à fédérer un public multilingue (créole, français, anglais).
La séparation : un choc pour les fans
En 2016, l’annonce de la séparation du groupe fait l’effet d’un séisme dans le monde du kompa. Mickaël Guirand quitte la formation, invoquant la fatigue et la pression du rythme de tournée. Sans lui, l’équilibre du trio se brise. Carimi se dissout, laissant derrière lui un catalogue solide et une empreinte durable.
L’héritage : une influence encore palpable
Même après leur séparation, l’ombre de Carimi plane sur la scène musicale haïtienne.
- Richard Cavé fonde Kaï,
- Mickaël Guirand lance Vayb,
- Carlo Vieux poursuit ses projets artistiques et entrepreneuriaux.
Les deux nouveaux groupes reprennent chacun une partie de l’ADN Carimi : Kaï pour l’écriture sensible et mélodique, Vayb pour l’énergie festive et la présence scénique.
En 2022, le Carimi Reunion Live à New York réunit des milliers de fans et confirme que le groupe reste une légende vivante.
Pourquoi Carimi reste incontournable
Carimi a marqué l’histoire pour trois raisons essentielles :
- Ils ont modernisé le kompa sans le dénaturer.
- Ils ont fédéré la diaspora comme aucun autre groupe de leur génération.
- Ils ont créé un répertoire intemporel, encore joué dans toutes les soirées caribéennes.
Carimi n’était pas seulement un groupe : c’était une émotion collective, un pont entre Haïti et sa diaspora, une bande-son pour une génération entière.